Comprendre la défaite de la gauche et des écologistes à Besançon.

Apéritif-Débat
Mercredi 24 juin 2026 à 18h30 Habitat Jeunes 18, rue de la Cassotte

JUIN I Déterminée à ne rien lâcher, Anne Vignot revendique, dans un entretien accordé ce jour, une autre façon de faire de la politique et assure revenir sur la pédagogie. Elle qui n’a pas vu venir ce qui allait se passer, concède que c’est sur la communication que sa campagne a péché le plus. Elle voulait une union ouverte, alors que les partis jouaient leur propre partition, LFI réalise un coup politique tandis que le PS en fait une ligne rouge. Elle n’arrive pas à regretter d’être sincère. Le contexte est désormais difficile, elle reviendra dossier par dossier se battre contre le déni massif de l’urgence climatique, mettant en garde les Bisontins contre le bling-bling de la communication municipale. 

Municipales-Besancon

La liste de “droite et du centre” (on y trouverait même des sociaux-démocrates) conforte au second tour son avance du premier tour (2600 voix), avec de bons reports (RN et Horizon) et un apport de voix non négligeable de la part des mobilisés du second tour (1100 des 3000 votants supplémentaires), tandis que la coalition de gauche ne semble pas bénéficier de la fusion avec LFI avec seulement 1300 voix de plus que les voix G + LFI du premier tour, mais 600 blancs et nuls de plus.Cet échec est souvent attribué à la perception de la politique menée au cours du mandat, à la conduite de la campagne électorale ou à un mouvement national de droitisation et de diabolisation des idées progressistes.

Plusieurs explications sont avancées : un contexte national défavorable, mais surtout des faiblesses locales de campagne, d’incarnation et de communication autour du bilan d’Anne Vignot. Son action municipale est jugée défendable, voire solide sur le fond, mais insuffisamment expliquée, peu appropriée par les alliés et mal portée politiquement.

La droite, autour de Ludovic Fagaut, aurait réussi à apparaître comme plus lisible, plus unifiée et plus proche des habitants, en profitant à la fois de la division de la gauche, de l’écolo-bashing, d’une meilleure présence de terrain et d’une communication plus efficace. Plusieurs intervenants soulignent que la majorité sortante s’est retrouvée trop souvent en défense, qu’elle a mal répondu aux polémiques — notamment sur la circulation, la gratuité ou certains choix symboliques — et qu’elle n’a pas suffisamment valorisé ses réalisations concrètes.

Un autre thème central est celui de l’abstention et de la démobilisation militante et électorale. La gauche aurait trop compté sur une dynamique supposée favorable, sans mener une campagne assez offensive ni suffisamment coordonnée. Les partis sont accusés de ne pas avoir su organiser les énergies de la société civile, tandis que les tensions internes — entre PS, écologistes, PCF et LFI — ont affaibli l’ensemble. La question du leadership à gauche apparaît comme décisive mais non résolue.

La discussion insiste aussi sur les évolutions sociologiques de Besançon : affaiblissement du vieux socle socialiste, moindre politisation à gauche des étudiants, disparition de certains relais populaires, atomisation sociale et difficulté à parler à des électorats aux attentes divergentes. L’écologie est reconnue comme un enjeu majeur, mais elle aurait été mal expliquée, mal incarnée et parfois imposée sans concertation suffisante.

Enfin, malgré la défaite, plusieurs motifs d’espoir sont évoqués : le score du second tour, la qualité du bilan municipal, l’existence d’un engagement militant et citoyen, ainsi que la possibilité de reconstruire une gauche locale plus claire, plus unie et plus attentive aux préoccupations concrètes comme le pouvoir d’achat, l’emploi, la sécurité, le social et la transition écologique. La reconquête ne pourra toutefois pas être mécanique : elle suppose de recréer des conditions politiques, organisationnelles et programmatiques solides.